Travail des enfants dans les plantations de cacao
Le prix du cacao
Un goût amer
Le travail des enfants dans les plantations de cacao est
particulièrement répandu en Afrique de l’Ouest. Selon une étude du
Programme des cultures pérennes (STCP) de l’Institut international
d’agriculture tropicale (IITA) , plus de 250'000 filles et garçons sont
exploités dans des conditions inhumaines dans ces cultures. La Côte
d’Ivoire, qui produit prés de 40 % de la production mondiale de cacao,
est le pays le plus touché par l’exploitation des enfants.
Plus de 60 % des enfants qui travaillent dans les plantations ont moins
de 14 ans et 40% d’entre eux sont des filles. Plus de la moitié des
enfants manipulent des pesticides sans protections. Ils utilisent des
machettes pour l’écabossage, pour déraciner les arbres et déboiser les
buissons afin de créer de nouvelles surfaces cultivables.
Beaucoup d’enfants sont vendus pour travailler dans les plantations
de cacao. Ils sont enlevés à leur famille et contraints à l’esclavage
contre la promesse d’une éducation ou d’un vélo.
Certains ont la chance de dormir dans des conditions relativement «
confortable » : feuilles de bananes ; et d’être plutôt bien nourri :
bananes plantain frites ou ignames salés. Les plus malchanceux sont
quant à eux battus et humiliés dans le but de briser toute volonté de
résistance. Durant la saison des récoltes, les enfants travaillent
jusqu’à 12 heure d’affilées.Les
fèves de cacao se trouvent dans des cabosses qui font grosso modo la
taille d’une papaye. Celles-ci poussent sur des cacaoyers. Les enfants
coupent les cabosses qui se situent en bas des arbres, puis les ouvrent
d’un coup de machette (c’est ce qu’on appelle l’écabossage). Les
graines de cacao sont ensuite fermentées et séchées au soleil sur des
nattes, puis emballées et transportées par camions.D’après le
témoignage d’un enfant de douze ans à la journaliste Sudarson Raghavan,
une journée de travail ordinaire commence au lever du soleil, à six
heure du matin, et se termine au coucher du soleil à sept heure et demi
du soir. La nuit, les enfants dorment jusqu’à 18 dans de petites
chambres allongés sur des planches en bois. Un petit trou dans la taule
de la taille d’une balle de tennis fait office d’aération. Des bidons
sont disposés le long des cabanes pour les besoins naturelles.
L’ampleur de la traite des enfants s’explique de différentes manières.
La pression sur les prix à laquelle sont soumis les agriculteurs est un
facteur déterminant. Bien que la culture du cacao nécessite des
investissements importants, il est vendu à un prix très bas, Ce qui
oblige les cultivateurs à engager de la main d’œuvre toujours meilleure marché. D’autre part, la dépendance des cultivateurs vis-à-vis de la
production de cacao et le manque de travailleurs agricoles conduisent
au recrutement d’enfants de personnes immigrées, qui ont l’avantage
d’être corvéables à merci et de travailler sans rémunération.